Des mauvaises herbes pour protéger les bonnes herbes du jardin

La nocivité des pesticides fait désormais partie des conversations des jardiniers, mais aussi des politiques. Un rapport sénatorial publié en octobre 2017 a proposé diverses mesures pour en réduire leur usage et, notamment, au jardin. L’une de ces mesures était la suspension de la vente de produits phytopharmaceutiques (insecticides, fongicides et  herbicides) aux jardiniers amateurs. Certaines jardineries comme Botanic® n’ont pas attendu cette proposition pour aller en ce sens pour supprimer des rayons les produits issus de la chimie et promouvoir les alternatives naturelles.

 

Les extraits végétaux : la panacée ?

Parmi ces alternatives on parle beaucoup des extraits végétaux dont le plus célèbre est le purin d’ortie. Énormément de plantes qualifiées à tort de mauvaises herbes ont leur utilité au jardin. Dès lors, pourquoi ne pas les réintroduire et en faire la culture ? L’idée de cet article est de réhabiliter le principe du jardin de curé visant à avoir sous la main des plantes transformables en produits actifs contre les insectes nuisibles et maladies fongiques. En effet les extraits végétaux du type purin, décoction ou macération sont des produits actifs en raison de diverses molécules présentes dans les feuilles, tiges ou racines comme des huiles essentielles, des alcaloïdes, hétérosides, etc. Ces principes actifs naturels ne rendent pas pour autant les extraits inoffensifs pour le jardinier certains ayant même des propriétés toxiques si vous les ingérez à des doses inadéquates. Le port de gants et le lavage de main sont conseillés après l’utilisation de certains extraits. Il est également de bon ton de tenir les extraits hors de portée des enfants.

Cependant ces « préparations naturelles peu préoccupantes » qui est le terme législatif pour les extraits végétaux n’ont pas le potentiel toxique des pesticides chimiques suspectés d’être cancérogènes à long terme et des perturbateurs endocriniens (ou hormonaux) s’accumulant dans les chaines alimentaires.

Cultiver des mauvaises herbes : une drôle d’idée ?

Donc pour commencer, choisissez une parcelle de votre jardin dans laquelle vous allez cultiver ces herbes utiles souvent qualifiées de « mauvaises » par les jardiniers. Pas besoin d’une terre fertile, la plupart de ces plantes sauvages évoluant dans des terres sèches et caillouteuses, voire polluées comme des friches industrielles et autres talus au bord des routes. Citons en exemple l’ortie, la consoude, la tanaisie, la sulfureuse absinthe, la rue, la prêle, la bardane, la lavande, la sauge officinale, la valériane…

Pour les obtenir, point de prélèvements dans la nature, mais l’achat de semences sur internet ou dans une bonne jardinerie pour un prix modique par rapport aux services rendus. Pour la plupart le semis s’effectue en avril/mai en place ou en caissette suivi d’un repiquage en godet. La récolte de ces plantes s’effectue la seconde année lorsqu’elles sont devenues fortes et vigoureuses. Attention certaines comme la prêle ou la consoude peuvent s’avérer envahissantes au jardin.

Et après ?

Une fois votre petit jardin de plantes utiles constitué, il suffit de récolter les feuilles (tiges ou racines) puis d’appliquer l’un des modes de préparation suivants :

L’extrait fermenté : en général mise en fermentation de 1kg de feuilles fraiches dans 10l d’eau de pluie (important) suivi d’un filtrage puis d’une dilution avant application (pulvérisation ou arrosage)

La décoction qui consiste à faire bouillir une quantité variable de plantes (en fonction des recettes) dans de l’eau de pluie suivie également d’une dilution avant application (pulvérisation).

L’infusion : relativement similaire à la décoction à la différence près que l’on arrête l’ébullition dès que l’eau frémit. Puis on laisse infuser jusqu’à refroidissement avant application (pulvérisation). À noter que la décoction est plus puissante en terme d’efficacité contre les nuisibles que l’infusion.

La macération : c’est un trempage des plantes dans de l’eau à température ambiante pendant 24 heures seulement.

 

En fonction des plantes utilisées et des modes de préparation, les solutions obtenues possèdent soit des propriétés insecticides, insectifuges, fongicides ou fertilisantes sur les légumes ou plantes d’ornements du jardin. Mais dans tous les cas, ces remèdes maison doivent être accompagnés au jardin d’une démarche biologique globale visant à intervenir le moins possible en laissant les équilibres naturels faire leur travail…

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